Accueil Conseil départemental Restructuration des collèges et lycées dans l’Ouest Lyonnais
Restructuration des collèges et lycées dans l’Ouest Lyonnais PDF Imprimer Envoyer

Depuis 2006, les décisions de construire un collège à Francheville et de fermer le Collège Saint Just (Lyon 5ème) sont actées. La première satisfait enfin la demande légitime des familles de Francheville, qui, depuis des années servaient de variable d’ajustement dans les collèges environnants de Plan du Loup (Sainte-Foy), des Battières et de Charcot (Lyon 5ème) et de Jean Jacques Rousseau (Tassin). La seconde était motivée par le besoin de place sur le site de Saint-Just dont les 1 200 lycéens et élèves de classes post-baccalauréat ont la surface la plus faible par élève de l’Académie.

 

L’ouverture de Francheville en septembre 2011 laissait donc du temps pour travailler sérieusement et démocratiquement les restructurations et la sectorisation de l’Ouest Lyonnais. Préférant l’opacité à la transparence, les petits arrangements au débat public, les décisions discrétionnaires à la concertation, les autorités académiques bénéficiant de la collaboration plus ou moins active des exécutifs régionaux et départementaux ont construit leur hypothèse de rentrée 2011 sur le transfert de tous les collégiens de Saint Just à Jean Moulin et sur celui de tous les lycéens de Jean Moulin à Saint Just. Au-delà de l’accomplissement de son vieux rêve – depuis plus de 20 ans – de fermer un lycée performant à taille humaine, le Recteur fragilise ainsi tous les collèges et lycées du territoire :

  • Baisse des effectifs dans les collèges Charcot – Battières – Plan du Loup et augmentation massive des effectifs au Collège Jean Moulin prévu à plus de 900 élèves pour une capacité maximale d’accueil de 1 250 élèves. Plus de deux fois plus gros que les autres collèges, Jean Moulin sera un des collèges les plus importants du Rhône. Lorsque l’on rapproche les capacités d’accueil de Jean Moulin et les effectifs des collèges environnants le scénario de la fermeture à horizon de 3 ans environ de Charcot est non seulement plausible mais probable. « Vendu » comme un collège d’excellence, il va offrir une palette très large d’enseignements et d’options, mais au détriment de qui ? Quelle excellence durable dans un établissement concentrant autant d’adolescents ?

  • Le lycée Saint Just sera un peu plus densifié et asphyxié qu’aujourd’hui puisqu’il accueillera environ élèves de plus qu’aujourd’hui ! Evoqués encore discrètement par les responsables de terrain, les problèmes logistiques n’en sont pas moins réels et ce d’autant plus qu’aucun projet de restructuration n’a été sérieusement étudié et n’est évidemment programmé à ce jour. Quid des enjeux de sécurité sur ces sites dont tous les usagers reconnaissent à la fois le caractère historique … et vétuste ! D’un point de vue pédagogique, à qui fera-t-on croire que l’accompagnement personnalisé ou l’orientation individualisée se déploieront plus facilement et plus efficacement dans un lycée de 1700 élèves que dans un lycée de 500 ?

Conduit de façon brutale et sans réelle concertation avec la communauté éducative, et notamment les fédérations de parents d’élèves, ce projet déstabilise durablement l’offre de l’enseignement public dans le second degré dans le 5ème arrondissement, arrondissement le plus dense de l’Académie en termes de collèges et de lycées privés dont la plupart est organisée en cité scolaire, pour offrir justement un parcours éducatif cohérent de 11 à 18 ans.


En accompagnant ce projet, le Conseil Général et le Conseil Régional participeront à la casse du service public d’éducation, mettront en péril l’avenir des jeunes les plus fragiles et menaceront l’intérêt général ! Conscients à la fois de ces risques et de leur responsabilité, les élus de proximité comme le Maire du 5ème, le Conseiller Général et les conseillers régionaux issus du territoire ont tous demandé un moratoire pour se donner le temps de travailler une solution d’ensemble cohérente et satisfaisante.

 

Avec les autres membres de la communauté éducative, la FCPE réclame la remise à plat complète de la sectorisation et l’élaboration d’une nouvelle carte des enseignements proposés de façon à assurer une bonne répartition entre tous les établissements de l’Ouest Lyonnais, qui ont tous vocation à proposer un enseignement diversifié et de qualité à tous les jeunes du territoire dans un environnement à taille humaine !

 

Michel Berthelier, administrateur FCPE69